Lundi 7 décembre 2020

La justice plus forte que le mal (Esaïe 61,1-11)


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Comment ne pas entendre ici la voix de Jésus, lui qui, selon l’évangile de Luc (4,16-21), entre dans la synagogue de son village natal Nazareth et donne lecture de ce passage d’Esaïe? Pour accomplir sa parole, Dieu envoie des hommes et des femmes porter son message, incarner et rendre visible sa volonté de salut. Et ce salut, pour le prophète Esaïe, ne peut se concrétiser que par la justice, le rétablissement de ceux qui ont été spoliés de leurs droits, la reconstruction de la ville détruite, la guérison des ravages apportés par la guerre. Cette exigence de justice, qui est au cœur de l’Ancien Testament et au cœur de la loi, a été proclamée par une longue lignée de prophètes, souvent au péril de leur vie et elle sera portée et incarnée dans la personne même du Christ, héraut du royaume de Dieu. Incompris chez les siens, il manquera de peu d’être tué par les gens de son village (Luc 4,29-30), et il partira plus loin pour annoncer la bonne nouvelle à d’autres. Le trait étonnant ici est que la survenue du Dieu de justice donne lieu à une joie immense, une réjouissance collective et non à un climat de terreur ou de crainte, comme on aurait tendance à l’imaginer. La justice, selon Esaïe, n’est pas d’abord un tribunal, où Dieu règle ses comptes, mais un espace où la réhabilitation de la vie et des vivants soulève une explosion de joie et un jaillissement de beautés.

Laurence Mottier-Cochet

Prière: Seigneur, renouvelle en nous le désir de ta justice, pour notre monde, notre société, notre Eglise et notre propre famille. Fais résonner en nous la joie de ta venue, qui transforme toutes choses.  

Référence biblique : Esaïe 6, 1,1 - 11

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